Deux centres de recherche rimouskois impliqués dans un projet de recherche industrielle

Julien Dugas (CRBM), Karine Lemarchand et Michel Gosselin (UQAR-ISMER), Élodie Brazeau, Jean-Michel Girard, Marie-Pier Forest, Amine Badri et Laurence Émond (CRBM), Steve Teasdale et Corine Lafrance (InnuScience Canada)
Deux centres de recherche de Rimouski participent à un projet de recherche  de valorisation du fleuve Saint-Laurent visant à développer des produits pour deux entreprises, la nanobrasserie gaspésienne Brett et Sauvage et InnuScience Canada.

Le Centre de recherche sur les biotechnologies marines (CRBM) et l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) travailleront sur ce projet de recherche de trois ans avec les deux entreprises. Le projet vise à mettre à la disposition de ces deux partenaires industriels de nouvelles souches de microorganismes d’origine marine, actives en eau salée et à basse température.

Les travaux consisteront en un enrichissement sélectif d’échantillons d’eau de mer et de sédiments marins pour favoriser la croissance de microorganismes. Ceux-ci seront ensuite caractérisés pour sélectionner ceux présentant un fort potentiel pour les applications commerciales visées par chacun des partenaires industriels.

L’entreprise Brett et Sauvage a pour objectif de produire des bières sans aucune levure commerciale et de mettre en marché des bières spontanées en explorant d’autres méthodes de fermentation. « On fait ces recherches afin d’isoler des levures « Brettanomyces », des bactéries lactiques et acétiques qui donneront une signature unique à notre produit. Notre première mission chez nous est d’être complètement indépendant au niveau des ferments. », précise Francis Joncas, copropriétaire de Brette et Sauvage.

Pour sa part, InnuScience, de Saint-Juile, se spécialise dans la fabrication et la commercialisation de produits biotechnologiques pour les secteurs du nettoyage professionnel et du traitement des eaux usées. « L’exploration de ses ressources microbiennes représente une opportunité inégalée qui pourrait contribuer au développement de nouvelles solutions biotechnologiques », explique le directeur général, vice-président, affaires scientifiques chez InnuScience, Steve Teasdale.

Peu exploités

La professeure de l’UQAR-ISMER, Karine Lemarchand, explique que les microorganismes actuellement exploitées par l’industrie dans les secteurs de la fermentation, du traitement des eaux et des produits nettoyants écologiques, proviennent essentiellement de milieux terrestres ou d’eau douce. « Bien que les milieux marins soient reconnus comme une source intéressante de nouvelles biomolécules actives, ces milieux restent encore peu exploités dans les secteurs des biotechnologies impliquant l’usage d’organismes microbiens vivants et actifs. »

Les chercheurs du CRBM Amine Badri et Jean-Michel Girard travailleront avec elle sur le projet, d’une valeur de 865 000 $. Il totalise un investissement de 565 000 $ provenant du Consortium de recherche et innovation en bioprocédés industriels du Québec (CRIBIQ) pour 225 000 $, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) pour 220 000 $ ainsi qu’un financement privé total de 120 000 $ des deux partenaires industriels. À ces investissements, s’ajoute une contribution en nature d’une valeur de 300 000 $ provenant des partenaires industriels.

Source : Adeline Mantyk, Journal L’Avantage

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